Voici l’interview que Stéphane Marion m’a accordé pour le blog et pour le forum des Aficionados K10D & GX10.

Merci à Stéphane pour ta disponibilité ;-)

Vous souvenez vous de votre toute première parution dans une revue ou dans un livre ?
Oui, c’était pour le concours amateurs du magazine PHOTO en 1987, ma photo du peintre et de la Tour Eiffel avait été sélectionnée pour ce numéro.

Lorsqu’un nouveau boitier est annoncé, par la presse ou par les rumeurs véhiculées sur Internet, comment préparez vous la rédaction de l’ouvrage que vous allez lui consacrer : prêt de matériel directement par le constructeur, tests, essais…
Je ne pratique pas ce genre d’activité, ce qui m’intéresse c’est “comment je vais pouvoir tirer du maximum des capacités de mon nouvel appareil photo”.

Vous avez aussi essayé un nombre incalculable d’appareils. Pouvez-vous me dire celui qui vous à le plus séduit ?
J’ai essayé quelques appareils, sûrement pas un nombre incalculable ! De ceux que j’ai eu entre les mains, le Nikon F reste une référence : solidité, simplicité et qualité.

Pour vous, le Leica Mx (6 ou 7) est-il un appareil hors du commun ou un appareil que doivent posséder les collectionneurs de la marque ?
Tout est question de point de vue de la part du photographe ! Pour ma part, si j’avais les moyens de me le payer je n’hésiterais pas une seconde ! A mon avis la marque Leica restera toujours une marque de légende.

Avez-vous des objectifs “fétiches”, des boitiers avec qui “vous vous sentez bien”, en fait du matériel que vous emmenez presque systématiquement en reportage et sans lequel vous avez l’impression qu’il vous manque quelque chose ?
Pour les boîtiers mon Nikon D200 me suit dans toutes mes prises de vues, il est très polyvalent. En ce qui concerne les objectifs, j’ai un petit faible pour un Nikkor 55 mm ƒ:2,8 Macro. Il ne me manque plus qu’un appareil numérique plein format (Nikon D3x ?)

Utilisez-vous encore du matériel argentique ?
Comment s’est effectué pour vous le passage au numérique ?

Si vous n’avez pas fait une croix sur l’argentique, selon vous que manque t-il encore au numérique pour définitivement supplanter l’argentique ?
Je garde mes vieux Nikon F Ftn et F3HP dans un coin jusqu’au jour où j’en aurai ras le bol du numérique, on ne sait jamais ça peut arriver à tout le monde ! Ce qui est bien dans l’argentique c’est qu’on fait ses prises de vues, qu’on peut les “oublier” dans un coin avant de les développer et ainsi retrouver une certaine appréhension et naïveté quand on découvre ses clichés sur papier. Puis, par dessus tout, le plaisir de charger une bonne vieille pelloche dans son boîtier est irremplaçable ! Pour ma part, le passage au numérique s’est fait tout naturellement. D’une part parce que l’argentique revient de plus en plus cher, d’autre part parce que j’aime l’idée d’avoir le contrôle total de la chaîne photographique de A à Z, ce qui était auparavant quasi-impossible en photographie couleur.

Quelle est la motivation profonde qui vous a poussé à prendre vos premiers clichés, et à continuer encore aujourd’hui ?
Le fait de garder une trace de ce qu’on a eu devant ses yeux à un moment donné de sa vie. Et pour les photos impliquant des gens j’ai toujours eu cette impression de voler une partie de l’âme de la personne photographiée.

Etes vous toujours aussi rétif, ou hésitant, avant d’appuyer sur le déclencheur (car depuis l’essort du numérique, on « mitraille » sans compter ou à limitation de la carte mémoire) ?
C’est un exercice que je m’oblige à faire à chaque fois que je sors mon appareil photo.

Ma question peut-on devenir un bon photographe sans passer par une école, quel est votre meilleure conseil que vous donneriez à un amateur passionné par la photographie.
Ayant fait une école de photo et ayant obtenu mon CAP avec mention, la réalité du monde du travail en photographie s’est avérée être extrêmement dure par la suite au point d’abandonner ma passion pendant une longue période. Je pense qu’il faut avant tout connaître sa spécialité et foncer ! A partir de là on a au moins une chance de vraiment y arriver. Donc je dirais qu’une école est un plus et en aucun cas une nécessité.

Le métier de photographe semble être de plus en plus difficile et dévalorisé depuis l’arrivé du numérique et du raz-de-marée d’images que cela a engendré… Ressentez-vous cela ? Est-ce plus dur aujourd’hui d’être photographe ?
Il est vrai que tout le monde peut avoir accès à la photographie de nos jours. Sans vouloir être pessimiste j’ai le sentiment qu’une grande mutation est en train de se faire dans l’inconscient collectif de l’être humain dans son rapport à la mémoire visuelle. Après, il restera toujours des maîtres en la matière et ceux-çi auront toujours de quoi subvenir à leurs besoin et engendreront des mouvements culturels que d’autres photographes suivront etc… Ca c’est toujours passé ainsi, pourquoi est-ce que cela changerait maintenant ?

De quelle façon choisissez vous vos sujets de reportage: sur demande de vos clients ou en fonction de vos goûts et choix du moment ?
Les deux…

Dans quelle spécialité photographique exercez-vous et quels sont vos sujets de prédilection ?
Etant musicien amateur depuis mon plus jeune âge, ma spécialité tourne autour de la photographie de spectacles. Ce que j’aime le plus c’est photographier des bluesmen, ils ont en général une aura qu’on ne retrouve que chez très peu d’autres musiciens.

Au court de votre grande carrière ou vous avez pu côtoyer les plus grands, pouvez-vous nous dire l’expérience ou l’évènement qui vous a le plus marqué?
Je ne pense pas avoir jamais côtoyé un grand photographe…

De plus en plus de lieux sont interdits aux photographes, ce qui est regrettable. Certains lieux publics font même parfois l’objet d’une surveillance très stricte de la part de vigiles comme par exemple le parvis de la BNF a Paris. En pratique, sur le terrain, comment lutter contre cela, étant donne qu’il s’agit la de lieux publics financés avec les deniers de l’état donc nos impôts.
Il faudrait inventer l’appareil photo intégré à l’intérieur de notre globe oculaire ! Sans rire, le monde est de plus en plus paranoïaque, ce n’est donc pas étonnant que les choses se passent ainsi, il faudrait juste que les gens se retirent un peu les doigts du c** et commencent à regarder autour d’eux avec leur coeur !

La retouche photo est aujourd’hui un point assez crucial du domaine avec le numérique, de multiples logiciels existent. A partir d’un appareil numérique, comment conseillez-vous de traiter une photo, c’est à dire quelle chaine numérique ? Par exemple pour traiter la photo de A à Z, faire quelques transformations si nécessaire, publiée sur une photothèque.
J’utilise Lightroom depuis que j’ai eu connaissance de l’existence de ce logiciel et il ne me quitte pas depuis. Pour des tirages photographiques disons classiques, il n’y a que peu de manipulations à faire (dématrisation et ajustements). Après, la chose la principale à faire est d’avoir sa chaîne de post-production photographique entièrement calibrée afin d’avoir tout contrôle sur ses couleurs etc…

Quel est le cliché que vous préferez et pour quelle raison.
Celle-là : Stephane Marion La raison coule de source…

Ma dernière question sera Mac ou Pc ?
Mac, Mac et encore Mac !